La faute de l'abbé Mouret

La faute de l'abbé Mouret
Résumé

Serge Mouret est ordonné prêtre dans un petit village perdu au milieu des collines de la Provence. C'est là qu'il s'est installé avec sa s½ur Désirée, faible d'esprit et dont la passion est d'élever sa basse-cour. Quant à lui, il accomplit sa tâche avec une fervente ardeur pour Marie, mère de Dieu, à l'opposé du frère Archangias.

Un jour de mai, Serge rencontre son oncle Pascal Rougon, venu soigner le gardien du Paradou, une immense propriété et décide de l'accompagner. Pour lui c'est la découverte en quelque sorte de l'Eden, d'une nature à l'état sauvage. Ce même jour, il visite la basse-cour de sa s½ur. Ce sont ces deux événements qui vont réveiller en lui sa sexualité enfouie. La même nuit, il contracte la typhoïde ce qui le conduit au Paradou, où son oncle juge qu'il y sera mieux pour sa guérison.

Une fois guéri, mais ayant oublié son passé de prêtre, Serge succombe aux plaisirs de la nature et de la chair dans les bras d'Albine. Surpris par le frère Archangias au cours d'une de leur escapade, Serge se remémore le passé et abandonne les bras de sa compagne pour retourner dans ceux de l'église.

Mon avis

L'histoire du prêtre amoureux n'est pas un sujet neuf: les tiraillements entre la foi chrétienne et l'amour terrestre ont été la base de fiction livresques ou télévisuelles (je me rappelle quand j'étais petit ma mère adorait le feuilleton "les oiseaux se cachent pour mourir"). Zola ici nous livre une histoire d'Adam et Eve revisitée à la sauce des Rougon-Macquart: la tentation, la faute et le châtiment pour le jeune Serge.

J'en demande pardon au Grand Zola, mais j'ai pas du tout accroché au bouquin. Il est certes bien écrit, mais le sujet et le personnage de Serge, être asexué par son devoir religieux, m'ont laissé de marbre. Je ne pense pas que l'amour de Dieu et l'amour d'une femme soient incompatibles, au contraire, ils s'emboîtent tel deux pièces de puzzle. Au final, j'ai fini le bouquin sans grand enthousiasme, juste par respect de ma feuille de route et de l'auteur.

J'espère que le prochain (Son Excellence Eugène Rougon) sera plus captivant. Dans le cas contraire, ce sera encore une lecture "formalité" avant deux des plus beaux bijoux du cycle Rougon-Macquart: l'Assommoir et Nana.
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# Posted on Monday, 21 December 2009 at 8:40 AM

Edited on Monday, 21 December 2009 at 8:53 AM

Une Vie de Maupassant

Une Vie de Maupassant
Résumé

À 17 ans, Jeanne, fille du baron Simon-Jacques Le Perthuis des Vauds et d'Adélaïde, quitte le couvent de Rouen où elle vit cloîtrée depuis l'âge de 12 ans. Son père possède une propriété sur la côte normande où Jeanne a passé son enfance. Elle retrouve ce lieu avec plaisir et rencontre le vicomte Julien de Lamare : il est jeune, il est libre, il est noble. Elle tombe profondément amoureuse. Le vicomte demande alors sa main à son père qui accepte. Le 15 août de la même année les deux amants se marient. La nuit nuptiale nous fait découvrir Julien sous un autre aspect que celui de vicomte aux belles manières pour nous apparaître sous celui d'un homme à la sexualité brutale. Ils partent en Corse pour leur voyage de noces et, très vite, Julien se montre irascible et avare. De retour à la résidence familiale, la vie de Jeanne est monotone, elle s'ennuie.

Mon avis

La désillusion est la seule promesse que la vie tient toujours... Tel pourrait être le message de Maupassant. Jeanne est une douce rêveuse, nourrie depuis l'enfance d'histoire à l'eau de rose et de contes de fées. Innocente et naïve, rêvant d'une de roman d'amour, elle découvrira bien vite que sa vie n'est pas « comme dans les livres ». Une fois l'exaltation des premiers jours de son mariage passée, elle ira de désillusions en deuils...Deuil de sa vie rêvée. Son existence est un grand vide.

Des Jeannes et des Emma Bovary, de nos jours, sont légions. Elle découvrant cette oeuvre, j'avais constamment une pensée pour toutes ces filles/ femmes d'aujourd'hui qui s'abreuvent de lectures style "Twilight" et qui partent à la recherche de leur beau rebelle, libre comme l'air, rêvant d'une vie d'amour parfait avec lui. Combien d'entre elles après l'avoir trouvé, se sont réveillé un matin en se disant "mais qu'est ce que je fait avec ce type"... Et au sortir de cette relation, elles se retrouvent brisée, en petites miettes, comme Jeanne.

J'ai hélas l'impression que pour la plupart des membres du beau sexe, la vie amoureuse se résume en deux question : "Avec qui je vais me caser?" et ensuite "Pourquoi ai-je choisi un tel connard?".

Le problème je pense, et il ne s'agit là que mon humble avis, se trouve dans toute cette guimauve qu'on nous sert à la télé ou dans ces bouquins d'amour. Ces rêves de vie romantiques sont un poison: nul vie ne saurait être parfaite, il n'y a pas de prince charmant ou de princesse merveilleuse.

En disant cela, je tiens aussi à préciser que je crois à l'amour véritable entre deux êtres. Seulement, celui-ci ne peut naître que si l'on aime l'autre tel qu'il est et pas tel qu'on voudrait qu'il soit. Lorsqu'on voit les gens sous cet angle, on peut dire qu'on les connais (un peu...Qui connaît parfaitement une personne après tout et puis on change tous). Ce n'est qu'à ce moment là qu'on peut se dire: oui je la (le) veux, je l'aime... Jeanne dès le départ, s'est trompé sur Julien: elle le croyait gentilhomme du fait de sa noblesse (je parle du titre) et de sa beauté. Cet "Edward Cullen" normand était en réalité, un ignoble rustre, pingre et violent. Pourquoi s'est-elle fait cette première impression? Parce que dans les romans à l'eau de rose, être jeune, beau et noble est un gage de bonté et d'innocence. Je ne pense pas que, si elle connaissait cette facette de sa personnalité, la flèche de Cupidon aurait touché son c½ur candide.

Des livres comme une "une vie" sont donc extrêmement salutaire et je ne saurais trop vous conseiller d'ouvrir le bouquin. Il y a déjà beaucoup trop de femmes qui ont eu, ont ou auront le même triste destin que Jeanne.

# Posted on Thursday, 17 December 2009 at 4:04 AM

Bel Ami de Maupassant

Bel Ami de Maupassant
Résumé

Fils de petits aubergistes normands, Georges Duroy, ancien soldat portant beau, petit employé aux chemins de fer, bénéficie de l'aide de son ami Forestier, pour devenir journaliste à La Vie française. Sa beauté et son charme lui ouvrent le c½ur des femmes qu'il côtoie, notamment Mme de Marelle, et peu à peu il occupe des postes de plus en plus importants au journal. Laurine, la fille de Mme de Marelle, le baptise Bel-Ami, surnom bientôt adopté par tous.

Mon avis

Je me rappelle avoir lu ce bouquin lors de vacances dans le Sud de la France. Je l'ai dévoré en une après-midi, quasi d'une traite. Bel-ami, l'histoire d'une ascension d'un ambitieux sans scrupules par et grâce aux femmes qu'il séduit. Sans elles, il vivrait encore dans la misère. Ça va de la grosse Rachel, prostituée des Folies-Bergère qui se donne à lui "même pour un louis et même pour 10 francs" à Madame Walter, la femme du patron de la Vie Française, en passant par Madeleine, la femme de son ami Forestier, Journaliste "nègre" de grand talent mais à qui les portes des rédactions seront à jamais fermées du fait de sa condition féminine ("c'est une "rouée, une fine mouche, calculatrice on pourrait presque dire, à cause de son penchant pour la politique et pour l'intrigue, que c'est un homme dans le corps d'une femme") et par Clothilde de Marelle, la "bobo" qui n'apprécie que deux choses : s'amuser et aimer. Chaque conquête féminine apportera quelque chose à Duroy dans sa quête.

Ce qui est frappant dans ce personnage, c'est sa volonté de toujours espérer plus et mieux. Bel-Ami est beau, il le sait et il se servira de cette beauté pour assouvir sa soif d'argent et de gloire. De plus, la IIIième République et plus particulièrement le monde du journalisme politique parisien de l'époque, univers totalement corrompu et sans scrupules dans lequel les rédactions font et défont les gouvernements, constitue pour lui le terrain de jeu propice pour se hisser vers les sommets. Ce dernier est comme un poisson dans l'eau.

Le roman est très noir et les personnages peu reluisants. Encore une fois, le coté rue diffère du coté cour. Quelle meilleure façon de dénoncer l'hypocrisie de cet époque, toujours là et bien ancrée dans le c½ur de hommes (et des femmes d'ailleurs)...

Ce livre est vraiment un coup de c½ur pour moi: il est sans concession, suinte le vrai (Maupassant a fréquenté assidûment les rédactions et les alcôves des femmes du monde) et pose la question existentielle: "les principes et l'ambition sont-ils toujours conciliables?"

J'ai appris recemment que Robert "Twilight" Pattison va jouer Bel Ami dans une adaptation Hollywoodienne du livre de Maupassant... J'ai toutes les raisons de croire que l'oeuvre sera hélas dénaturée et vidée de sa substance... Pauvre Georges Duroy...
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# Posted on Wednesday, 16 December 2009 at 9:00 AM

L'Éducation sentimentale de Flaubert

L'Éducation sentimentale de Flaubert

Résumé

De retour à Nogent, le tout jeune Frédéric Moreau tombe éperdument amoureux d'une femme plus âgée que lui, Mme Arnoux, l'épouse d'un marchand d'art. On suit Frédéric dans ses amours et ses échecs. Il fera un bon héritage qu'il mangera avant d'en épargner parcimonieusement les dernières miettes. Il connaîtra Rosanette, une demie-mondaine qui lui donnera un enfant qui mourra. Il refusera d'épouser la riche veuve d'un banquier et se verra « voler » Mademoiselle Roque par son meilleur ami. Il traversera les remous du milieu du XIXème siècle en spectateur, assistant sans vraiment s'y impliquer la révolution de 1848 et le coup d'état de Napoléon III.

Mon avis

Si l'on devait me demander au moins trois bonnes raisons pour lesquelles la vie mérite d'être vécu, je répondrai: l'éducation sentimentale de "Monsieur" Gustave FLAUBERT. Un livre qu'il faut lire encore et encore tout au long de sa vie tout simplement parce qu'il est le récit de la vie d'un homme, de la fin de son adolescence à sa vie d'adulte. Toute son existence sera jalonné d'espoir et de la cruelle désillusion qui suit. L'apprentissage aux choses de l'amour se fait au fil des pages pour le personnage principal et nous, lecteur.

Qui n'est jamais tombé amoureux de l'inaccessible, de l'étoile qui brille dans le ciel et que l'on ne pourra jamais toucher, sauf du regard. En somme, nous sommes tous comme Frédéric: d'innocents rêveurs, passifs et romantiques, idéalistes et faibles.

On pourrait reprocher à ce livre que rien ne s'y passe, Que Frédéric n'est pas le moteur de l'histoire, il subit constamment les événement en spectateur: il aime Madame Arnoux, mais il n'osa jamais prendre les choses en main et sauter dans le grand vide de la passion. "Il avait envie de se jeter à ses genoux. Un craquement se fit dans le couloir, il n'osa" (extrait du livre). L'art de Faubert est là: la beauté du livre, ce n'est pas l'action mais la façon de la raconter dans sa non-existence. L'éducation est l'histoire d'un ratage éternel.

Combien de fois n'ai-je pas, par couardise (de quoi????), oser faire le premier pas? Garder le feu qui me consumait la poitrine, à l'intérieur, dans l'ombre? Toutes ces perspectives de bonheur et d'amour gâchées par sa propre inaction..."Et ce fut tout." (extrait du roman)

Il y a encore bien sur des tonnes de choses à ajouter mais ce modeste blog n'est qu'un amuse bouche. Ouvrez le livre et contemplez...



Je tiens à citer un des passages clé du roman, la rencontre du jeune Frédéric et de l'amour (à jamais inaccessible) de sa vie, Madame Arnoux:

Ce fut comme une apparition.

" Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses, qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait en plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpaient sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa man½uvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait... Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux : « Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. » Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené cette négresse avec elle.

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

- Je vous remercie, monsieur. Leurs yeux se rencontrèrent.

- Ma femme, es-tu prête ? Cria le sieur Arnoux apparaissant dans le capot de l'escalier."
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# Posted on Tuesday, 15 December 2009 at 10:23 AM

Sinouhé l'Égyptien

Sinouhé l'Égyptien
Résumé

Roman épique redonnant vie à l'Egypte du 14ème siècle avant notre ère, à l'époque du pharaon Akhnaton qui espérait introduire un dieu unique et fut assassiné par les prêtres d'Amon soucieux de leurs privilèges. Au seuil de la mort, dans son lointain exil, Sinouhé qui fut médecin à Thèbes, relate les événements de son existence qui l'ont conduit à cet exil définitif, semblable à la mort.

Mon avis

C'est l'un de mes livres préférés (à comprendre un des livres que j'emporterais avec moi sur une île déserte). C'est très bien écrit, il y a jamais de temps mort et l'histoire est très prenante. L'immersion se fait du premier au dernier paragraphe: c'est un énorme pavé qui se lit cependant d'une seule traite. J'ai lu les 900 pages du livres en moins de trois jours (on peut dire que je l'ai bouffé ce livre). En outre, le travail minutieux de recherche de Mika Waltari sur cette période est perceptible tout au long du livre, qui a été d'ailleurs salué par les égyptologues lors de sa publication. Qu'il s'agisse de l'Histoire de l'Egypte antique aux us et coutumes de la vie de tout les jours (j'ai beaucoup apprécié le "test de grosse de l'époque"), on est littéralement propulsé au 14ème siècle avant notre ère, à l'époque du pharaon Akhnaton, souverain visionnaire qui tente d'imposer le monothéisme.

Je pense que de toutes mes lectures, je ne me suis jamais autant identifié au héros. J'ai vraiment beaucoup d'affection pour Sinouhé, cet homme qui connaîtra dans sa vie des fortunes diverses et d'aventures extraordinaires, de Thèbes, la ville aux cent portes, à Babylone, en passant par la Crète et Le pays du Mitanni, pour finalement finir sa vie, seul, pauvre, exilé, oublié de tous... Je pense qu'il sera toujours mon personnage littéraire préféré. Jamais un bouquin ne m'a fait autant vibrer jusqu'ici.

Une réflexion m'est venue à l'esprit lors de la lecture du livre: plus les choses changent et plus elles demeurent inchangées. L'histoire de Sinouhé est tout à fait transposable de nos jours: guerre de religion, lutte des classes, conflits entre les états et la course à l'armement qui va avec.

Le roman offre également une grande place aux femmes, qui auront une forte influence sur le héros (soit en bien soit en mal).

Toi, lecteur de mon blog, je n'ai qu'une seule chose à te dire: ouvre la première page de Sinouhé et tu verras...

S'il y a un livre que je peux vous recommander chaudement, c'est bien celui-là.
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# Posted on Friday, 07 August 2009 at 3:23 AM